Elle ne veut coucher avec moi que pour avoir des enfants

Ma femme est incompréhensible. Un coup elle est hyper sympa, elle s’habille bien, me chouchoute etc. Elle est hyper demandeuse qu’on fasse l’amour, je trouve ça cool ! Et une semaine plus tard, bye bye la femme géniale, elle devient pénible, se plaint tout le temps, cherche presque à me fuir ! Et question vie sexuelle, ça se transforme en « non pas ce soir », « je n’ai pas envie », « on l’a déjà fait ! »… 

C’est assez lourd à la fin, j’ai l’impression d’être un yoyo qu’elle attire et qu’elle éloigne en fonction de ses envies. J’ai remarqué que son comportement a changé quand on a commencé à se dire que nous pourrions avoir des enfants. Depuis c’est la guerre. J’ai vraiment l’impression que je ne suis plus là que pour lui faire un gosse.

Voilà bien une situation que l’on retrouve dans un certain nombre de couples. Quelques éclaircissements pourraient être utiles pour vivre de manière constructive cette alliance entre vie sexuelle et procréation…

 

Un blocage sur la vision de la sexualité ?

Au début d’une relation, on va pouvoir se dire assez facilement que notre vie sexuelle est l’expression de notre amour, notre don total et notre joie d’être avec l’autre. On est amoureux, on désire l’autre à fond, notre libido est au top. Mais avec le temps, et surtout dans les cas où l’on se projette dans l’idée d’avoir un enfant, inconsciemment notre regard sur les relations sexuelles peut changer… et que cela se transforme en « bah on veut des enfants donc c’est le moment de le faire ! ».

Quel est le problème de cette nouvelle vision ? Elle place le fait de s’unir comme une conséquence, et non plus comme un acte d’amour au sein du couple. « Parce que je veux des enfants, je m’unis à mon conjoint ».

 

STOP.

“C’est parce que j’aime mon conjoint que je m’unis à lui, et de ce fait que je peux avoir des enfants”, et non “c’est parce que je veux des enfants que je m’unis à lui”. Vous comprenez la différence ? C’est l’intention qu’on y met qui change tout. Voilà comment la femme peut sembler parfois un peu bipolaire en fonction de ses cycles.

 

 

Dire son amour avec son corps

Je vous le disais dans mon article « faire un enfant pour reconstruire son couple », avoir un désir d’enfant est extrêmement beau. Et le meilleur contexte qu’on puisse souhaiter à un enfant, c’est celui de l’amour profond de ses parents ! C’est-à-dire celui où parce qu’on s’aime, on désire transmettre à d’autres cet amour dont on vit. Vous voyez que l’amour est dans ce cas-là premier. Et de là surgit la vie. Par surabondance.

En transformant la sexualité en un moyen pour seulement avoir des enfants, on oublie que son conjoint n’est pas simplement un géniteur, un donneur de spermatozoïdes ou d’ovules. Il faut comprendre le malaise de l’homme dans l’histoire : il se rend bien compte qu’on ne le traite pas à sa juste valeur. NB : cela peut être valable également dans l’autre sens, où ce serait l’homme qui ne coucherait que pour avoir des enfants (le devoir d’assurer une descendance existe toujours dans certains couples).

 

 

Comment faire pour sortir de ce décalage entre conjoints ?

Discuter de cette question est assez compliqué parce que cela touche l’intimité sexuelle du couple, et l’intimité de chacune des deux personnes qui le composent. Pour avancer dans la discussion sans que cela soit un drame pour le couple ou une scène de guerre, il y a quelques petites choses à mettre en place.

 

 

Pour les hommes

Il est important de prendre en compte les besoins que peut avoir votre compagne. Le fait de vouloir un enfant est un sujet qui peut être très sensible pour elle, car cela touche à sa nature même de femme. Si vous avez remarqué qu’elle ne veut faire l’amour que quand elle est susceptible d’avoir un enfant, il semble que ce soit effectivement un sujet sensible. Vous pouvez dans un premier temps écouter si elle n’a pas une certaine peur qui la bloque pour avoir des relations intimes avec vous, surtout si l’enfant n’arrive pas tout de suite. Il s’agira pour vous de détendre l’atmosphère, d’enlever la pression qu’elle se sera mise dans ce cas. « Chérie, un bébé ce n’est pas sur commande. Nos corps ne sont pas des machines, ça va venir. » De toute façon, il faut savoir que plus on s’angoisse pour avoir un enfant, moins le corps de la femme se dispose à recevoir un enfant. Au contraire, il bloque le système avec le stress. Donc relaxez-la, proposez-lui un soir de lui faire des massages par exemple, et vous verrez qu’elle se sentira à la fois écoutée, aimée et rassurée. Et grâce à cela, peut-être même ouverte à s’amuser sous la couette avec vous.

 

 

Pour les femmes

La tendance dans ce schéma où vous semblez ne vouloir vous unir « que pour avoir des enfants » est d’oublier que votre mari a aussi des attentes… Quand vous vous concentrez sur vos cycles, sur ce qui va favoriser une grossesse, vous oubliez un peu que l’être qui vous permet d’avoir des enfants est une personne, avec des émotions, des sentiments, des désirs, des besoins … Je vous invite vraiment à vous tourner vers lui, (eh c’est votre mari ! Vous l’aimez et vous vous voyez même avoir des enfants avec lui …) et à ne pas vous focaliser uniquement sur votre propre ressenti/désir d’enfant. Votre mari vous voit d’abord comme sa femme, avant d’être la mère de ses enfants.  

 

 

Pour les hommes ET les femmes…

Avec d’un côté le besoin d’être reconnu comme plus qu’un géniteur, et de l’autre le besoin de donner un sens à sa sexualité, les attentes ne sont pas tout à fait les mêmes, mais peuvent se rejoindre. En effet, dans les deux cas, il s’agit de trouver le sens des gestes que l’on pose avec l’autre, dans le respect de chacun.

Mon conseil est assez simple et vous permettra de sortir d’une optique où mon besoin prime sur celui de mon conjoint. Vous pouvez vous poser individuellement et à deux cette question : « que signifie pour moi le fait de m’unir sexuellement avec mon conjoint ? »

Une fois que vous aurez regardé ce qui vous motive personnellement, vous pourrez en discuter avec votre conjoint en étant honnête et serein(e). Pour que cela se passe au mieux, rien de tel que ce qu’on appelle la communication non violente : exprimer son ressenti de manière à ce que l’autre m’écoute et ne soit pas blessé. Dire JE. Je me sens, j’ai l’impression, j’aimerais, pour moi…

 

Pour réviser cela, vous pouvez aller écouter mon interview avec Sophie Magenta 😉

 

Publié sur Réussir l'amour ...

 

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