Journée d’étude sur la GPA à Bruxelles

Anne-Sixtine Pérardel chez les « Amazones », ces féministes belges!

 

L’Université des Femmes a reçu le 19 janvier une soixante de personnes pour travailler sur la Gestation Pour Autrui, dont moi. Philo, psycho, médecine, droit, politique… Tous les domaines possibles ont été analysés.

 

Jean Cornil (philosophe) a introduit la journée en nous parlant des enjeux éthiques qui se posent avec la GPA. Lui qui définit l’homme par sa capacité à se fixer des limites,  dénonce cette pratique des mères porteuses comme allant au-delà des limites de l’homme. Il a posé cette question : « jusqu’où ira-t-on si cette étape de la GPA est franchie ? ». Comme pour le transhumanisme et la transformation de l’humanité en une humanité hybride homme/machine, Cornil alerte sur ce danger de disparition de l’humanité telle qu’elle existe aujourd’hui. Le risque est qu’elle se perde et s’anéantisse dans les différentes possibilités de « progrès » que lui propose la science. « L’émancipation est trahie par la transgression »

 

La GPA pose pour lui une question de morale et d’éthique fondamentale. En effet, l’être humain entrant dans le secteur marchand avec cette pratique, il se transforme symboliquement dans sa fonction sociale. Il peut maintenant être marchandé, utilisé, manipulé, sans que cela n’atteigne (apparemment !) sa dignité. Il n’est plus une personne dans cette mentalité de « marché ». La juriste Marie-Anne Frison-Roche nous a rappelé à sa suite la différence faite en droit entre une personne et un objet, différence qui fonde le droit tel que nous le connaissons depuis des milliers d’années. « Tout être humain est une personne ». Elle, de son côté, affirme haut et fort que « tout n’est que business dans la GPA. Nous sommes en droit des affaires, et non en droit de la famille ou droit de la filiation ». La mentalité mercantile est bien visible. « Il faut pénaliser la pratique de la GPA et poursuivre les agences ».

 

Luc Rogiers, pédopsychiatre, a par la suite ajouté à cette problématique juridique et morale, les problèmes d’ordre psychologiques qui risquent de se poser. Du côté de la mère porteuse, « la GPA est un déni de grossesse médicalement prescrit ». Quand on sait l’impact que cela peut avoir sur la santé de la femme, on frémit. Du côté de l’enfant, en sachant par expérience que l’adoption apporte la plupart du temps un trouble lié aux origines, il dénonce le fait que la GPA promet (et fait un contrat pour le valider) exactement la même chose pour les enfants qu’elle produira. « La GPA, c’est créer un bébé pour l’abandonner ». Charmante perspective pour ces enfants… qui n’ont même pas la possibilité de donner leur avis puisqu’ils n’existent pas encore.

 

Fabienne Richard, directrice du GAMS Belgique, renchérissait d’ailleurs avec cette question importante : « jusqu’où aller avec le désir d’enfants ? ». La fin ne justifie pas, et ne justifiera jamais, les moyens. On ne peut pas permettre d’instrumentaliser une femme et de marchandiser des bébés, au nom du désir d’enfants, aussi légitime qu’il soit. La question de l’eugénisme a été également abordée, en rappelant l’histoire du bébé Gammy qui a fait tant de bruit dans la presse lorsque l’affaire est sortie, ou encore des cas problématiques où est demandé à la mère porteuse d’avorter.

« Un bébé comme je veux ». Et que fait-on de celui qui ne correspond pas à mes désirs…?

 

Une intervention du docteur Vermeulen nous a permis d’approfondir la question du don d’ovules. En effet, pour elle, dans la GPA, en plus d’oublier la mère porteuse et l’enfant, « on oublie les donneuses d’ovules. Le prélèvement comporte des risques graves et pose des questions éthiques. On ne peut évacuer la question de ces femmes ».

 

La journée s’est close avec une table-ronde de personnalités politiques belges, qui pour la majorité, n’avaient pas assisté aux débats précédents. Fort dommage au regard de leur discours en complet décalage avec ce que nous avions dit pendant le reste de la journée : ils s’accordaient tous pour dire non à la « GPA commerciale », mais oui à la « GPA altruiste » si elle est bien encadrée. La défense de leur position en totale contradiction avec ce que nous avions conclu juste avant en devenait presque drôle. Rire jaune néanmoins… Devant nous se posait la problématique de la démocratie censée représenter le peuple… et n’étant malheureusement absolument pas en phase avec ce que pense ce peuple… Nous avions, nous, bien compris l’illusion de penser qu’une GPA altruiste était possible : la plupart du temps, des cadeaux sont donnés à la mère porteuse. Il y a donc une sorte de troc ; un bébé contre une voiture, une maison ou un travail… Leur pensée illusoire était d’autant plus dangereuse que sans argent promis dans le contrat à la mère porteuse, le risque de la traite, de l’esclavage de ces femmes devenait encore plus grand. Et ces politiques belges ne le voyaient pas …

 

Cornil s’était d’ailleurs inquiété au début de la journée sur ce risque de l’exploitation des femmes, dénonçant en particulier le risque d’augmentation de la fracture Nord (Demande de mères porteuses) / Sud (offre de mères porteuses) par ces trafics d’enfants et de femmes. Encore une fois, la pauvreté est exploitée, et c’est pour cette raison aussi que nous avons répété que la GPA est une forme d’esclavage moderne.

 

La conclusion de la journée fut donc très simple : impossibilité totale d’avoir recours à une GPA, même soi-disant « altruiste ». Il faut une ABOLITION, purement et simplement. La femme n’est pas une usine à bébés. Un bébé ne s’achète pas, ne se vend pas, et même ne se donne pas. Jamais nous ne pourrons cautionner que cela change.

 

#NoGPA #EndSlavery #NoMaternityTraffic #NoSurrogacy #DignitéHumaine

 

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